Ce matin au réveil, grande discussion dans les chambres. La veille au soir, nous n’avons eu que le pain et 25 gr de beurre. Remarque que le patron nous paye au restaurant une soupe et un légume, mais c’est tout à fait à part puisque c’est une gracieuseté de sa part ! Le matin, à l’appel de chaque équipe pour le départ au travail, nous réclamons plus de nourriture ne pouvant passer une journée avec si peu faisant un travail pénible. L’interprète allemand se fâche et nous dit qu’il ne peut donner plus que ce qu’il reçoit ici pour nous. Les menaces tombent, appel à la police sera fait si nous refusons d’aller au travail. Que faire pour l’instant ? On nous menace du camp de concentration. Il ne faut pas jouer au plus malin, nous ne sommes pas les maitres. Donc, chacun au travail mais le soir il y a une légère amélioration. C’est la sixième semaine qui se termine. Le soir après le souper, je descends voir Hélène, je cours dans l’espoir d’avoir une lettre, mais arrivé là-bas, la servante me dit tant bien que mal que je n’ai rien. Elle a le sourire et Hélène m’apporte la petite enveloppe bleue tant attendue. Avec quelle joie je la décachette ! C’est la première, les nouvelles sont bonnes, mais je vois que ce ne sont pas les lettres habituelles de ma Chérie.
Passer par un intermédiaire n’est pas comme de communiquer qu’entre nous deux. Je vois que treize lettres sont déjà expédiées pour moi mais aucune n’est encore arrivée. Je fais réponse immédiate par une vingtième lettre.
suite...