Voici une heure que je t’écris sur ce cahier. Tu connais mon emploi du temps du 31 décembre puis des premier et deux janvier. Je t’ai écrit deux lettres, une jeudi soir et l’autre hier soir. Vendredi premier janvier à sept heures moins le quart, j’ai pris mon petit calepin pour lire ton petit mot qui m’a fait bien plaisir. Je te remercie de tout cœur de tes vœux. Puis, j’ai lu mes messes en même temps que toi dans notre petite chapelle où tu communiais. J’ai aussi communié de cœur avec toi et je me suis recueilli quelques minutes. J’ai pensé spécialement à toi. Je me suis habillé et on a été à l’appel. L’interprète allemand a présenté les vœux des soldats allemands. Nous lui avons retourné les nôtres ; ils désirent l’entente c’est le principal. Après l’appel, nous sommes partis pour Dortmund tenter de manger. Nous avons été très bien reçus là-bas, les habitants et les soldats nous renseignent aimablement. Nous avons trouvé de quoi manger. Nous sommes revenus à sept heures trente au camp. Nous avons mangé les rations de la journée, nous avions ainsi l’estomac mieux garni le soir. Je n’ai pas mangé le pain et j’ai une avance d’une journée.
Samedi 2, je me suis levé à sept heures et me suis mis de suite au travail pour faire ma lessive. A huit heures vingt, j’avais fini. Il n’y a pas eu d’appel mais le Chef de camp est passé dans les baraques pour voir nos chaussures qu’il nous avait données. Certains les ont, parait-il vendues. André est allée à la visite car cette nuit il a eu une crise d’asthme. A midi, nous avons été à la soupe et l’après midi, n’ayant pas de charbon, il a fallu se procurer du bois, assez loin dans le camp. Nous avons trouvé des rondins et des branches de sapin que nous avons sciés en morceaux. La soirée, jusqu’à six heures, je l’ai passée avec toi par la lettre qui a été relevée le soir même.


