Un mot avant de m’endormir Ce soir sont arrivées une vingtaine de lettres et j’avais l’espoir d’en avoir une, mais non, pas encore ! Peut-être demain, c’est l’espoir de la journée. Un camarade de chambre, Renée Bertault qui va à la messe avec moi ainsi que Jean Chauvreau ont reçu un paquet. Par contre à la distribution du courrier de ce soir, quand nous sommes réunis à l’appel à la cantine, un de nos camarades avait, lui, une lettre : le pauvre, elle lui annonçait la mort de sa mère. Je t’assure que ça fait quelque chose. Je viens d’apprendre qu’il part demain à onze heures pour une perme de cinq jours. Quand aurai-je de tes nouvelles ? Je m’ennuie beaucoup. Je ne vais pas être très bavard, je commence à dormir. J’ai bien pensé à toi aujourd’hui lundi, jour de repos de ma petite chérie et à midi je pensais courir vers ma Dilette au lieu d’aller au restaurant. Enfin, nous avons tous bon espoir que la fin soit proche. Il arrive des nouveaux au camp ; les uns de Detmold les autres de Paris. On nous a appris le départ journalier de six trains et les protestations des femmes.
A demain ma Dilette. Bonne nuit et bonnes grosses bises de ton petit mari qui t’adore.


