» Janvier 1943 » Mardi 26 janvier 1943
 
Mardi 26 janvier 1943

 
20 h 10

Ma petite Chérie, mes occupations ne me permettent pas de tenir journellement mon petit cahier. Quand je n’écris pas, je m’occupe de mon linge et je reprise mes chaussettes. Mardi soir, je t’ai écrit ma seizième lettre. Jusqu’à hier, chaque soir, je descends à mon café habituel pour savoir si parfois, il n’y aurait pas une réponse à ma lettre. Je sais que c’est un peu juste mais je ne voudrais pas laisser cette lettre que j’attends avec impatience. Par les lettres que je t’écris, tu es au courant de ma vie. Le travail, toujours le même, assez difficile pour moi comme beaucoup de mes camarades. Nous avons tous les mains abîmées par les briques que nous manipulons toute la journée ainsi que pics et pelles. Samedi après midi, j’ai fait un peu de rangement, ma pette lessive et ma toilette. Le soir, je suis allé manger au restaurant avec mon camarade René, où d’autres camarades nous ont rejoints ensuite.

Dimanche matin, j’ai pu assister à ma messe et j’ai communié. En sortant, nous sommes allés prendre notre petit déjeuner dans un café : café crème sucré et deux tranches de pain. De retour au camp, nous avons mis des planches sur la route du camp tellement c’était boueux. A onze heures, je me mettais à repriser mes chaussettes. Puis, j’ai sorti notre photo de mariage. J’ai bien le cafard... Toute la journée j’ai le cœur gros, je verse même des larmes. De même que mon camarade Roger Leteuré, marié le même jour que nous et habitant impasse du Progrès, qui lui aussi a beaucoup de cafard.

Nous écrivons tous deux au café et à neuf heures, je suis au lit. Lundi, je reprends le travail avec le cafard d’être seul ici, sans nouvelles de toi. Nous apprenons les nouvelles sur les évènements qui se précipitent. Peut-être la fin est elle proche.

Mon bonheur et ma surprise en arrivant le soir au camp et d’avoir mon premier colis, ma petite femme me gâte toujours. Je suis heureux de voir son écriture. Le colis est intact et je me régale de toutes les petites friandises. Cela me redonne du courage et je passe la journée avec plus de joie, toujours dans l’espoir d’une lettre pour le soir, mais hélas, ce soir, encore rien. Je suis assis sur mon lit pour faire mon petit journal, je suis en pyjama, il fait chaud dans la chambre. C’est une discussion continuelle sur les évènements, chacun dit son mot et nous avons tous beaucoup d’espoir. Ce qui est amusant, c’est le rapport de chacun après le travail et les nouvelles qu’il peut apprendre.

Je vais aller me coucher plus tôt, me mettre dans mon sac de couchage. Mes lettres complèteront mon petit journal car ici, je peux t’écrire plus de lettres grâce à celles que nous mettons à la poste et contrairement à Detmold, j’ai même du temps libre. Ce soir on a demandé à ceux qui le voulaient de s’inscrire pour apprendre l’allemand. Nous sommes 16 sur les 20 de la chambre. Je vais dormir et rêver de toi, ne fais pas attention à l’écriture car ma position est recroquevillée.

Bonne nuit ma femme chérie, demain, c’est par une lettre que je bavarderai avec toi. Il est neuf heures trente.

Bonsoir ma femme chérie. Ton petit mari qui t’adore.

Suite...

 
 
Publié le lundi 29 octobre 2007
Mis à jour le samedi 17 novembre 2007

 
 
 
Les autres articles de cette rubrique :
 
Publié le mardi 16 octobre 2007
Mis à jour le lundi 29 octobre 2007
 
Publié le mardi 16 octobre 2007
Mis à jour le lundi 29 octobre 2007
 
Publié le mardi 23 octobre 2007
Mis à jour le lundi 29 octobre 2007
 
Publié le mardi 23 octobre 2007
Mis à jour le lundi 29 octobre 2007
 
Publié le mercredi 24 octobre 2007
Mis à jour le lundi 29 octobre 2007
 
Publié le mercredi 24 octobre 2007
Mis à jour le lundi 29 octobre 2007
 
Publié le mercredi 24 octobre 2007
Mis à jour le samedi 17 novembre 2007
 
Publié le lundi 29 octobre 2007
 
Publié le lundi 29 octobre 2007
 

 
Accueil     |     Site réalise par Consulting-LR     |    Espace rédacteurs     |    Se connecter     |    Mentions légales